Peut-on vraiment perdre un double menton grâce à des exercices ciblés ou faut-il envisager d’autres solutions ? Réponse courte : la graisse sous-mentonnière dépend surtout du poids total, de la génétique et de l’âge. Les exercices du visage ont des bénéfices limités sur la graisse elle-même, mais d’autres leviers, perte pondérale globale, renforcement postural, soins de la peau et actes médicaux, peuvent améliorer nettement le profil du cou.
Ce qui cause un double menton et ce qu’on peut réellement modifier
Un double menton correspond à un excès de tissu adipeux sous le menton, parfois associé à un relâchement cutané et à une position de tête projetée vers l’avant. Le poids corporel joue un rôle clé : le bilan énergétique global régit d’abord l’accumulation et la perte de graisse. Les institutions de santé rappellent que l’activité physique régulière et une alimentation équilibrée sont le socle pour réduire la masse grasse, même si l’exercice seul ne provoque qu’une baisse pondérale modeste sans agir spécifiquement sur une zone donnée. La combinaison « alimentation + activité » reste la plus efficace pour perdre de la graisse, y compris sous-mentonnière.
Exercices ciblés : utiles pour le maintien, limités pour « dégraisser »
Les « mouvements anti-double menton » (protrusion de la mâchoire, élévation du menton, auto-massages) peuvent tonifier certains muscles cervico-faciaux, améliorer la proprioception et la posture de tête. Ils peuvent aussi affiner la perception esthétique en redressant légèrement l’ovale. Mais ils ne suffisent pas à faire fondre sélectivement la graisse. À ce jour, les preuves solides manquent pour démontrer une réduction significative et localisée du tissu adipeux par des exercices du visage. En pratique, on peut les intégrer en appoint, tout en visant une perte de graisse corporelle globale.
Routine simple (5 minutes) pour soutenir votre démarche
À pratiquer 4 à 5 jours par semaine, sans douleur :
- Allongement cervical : dos droit, regard à l’horizon, rentrez légèrement le menton comme pour créer un « double menton volontaire » pendant 5 secondes ; relâchez. 8 répétitions.
- Élévation du menton : tête légèrement en arrière, bouche fermée, tirez la mâchoire inférieure vers l’avant pendant 5 secondes ; relâchez. 8 répétitions.
- Auto-massage sous-mentonnier : du centre vers l’angle de la mâchoire, 1 minute pour détendre les tissus.
Cette routine n’élimine pas la graisse, mais aide la tenue, la conscience posturale et la détente des tissus mous.
Perte pondérale globale : l’effet le plus fiable sur la graisse sous-mentonnière
Pour réduire un double menton lié à l’excès de graisse, le plus sûr est d’agir sur le poids total avec un programme réaliste : alimentation à densité énergétique plus basse, activité physique hebdomadaire suffisante et progression durable. Les organisations de santé publique recommandent de bouger chaque semaine à des intensités variables et d’ajuster l’apport énergétique. Même une perte modeste a des effets visibles chez de nombreuses personnes, y compris sur le tiers inférieur du visage.
Plan d’action concret
• Activité : visez l’équivalent d’au moins 150 à 300 minutes hebdomadaires d’activité aérobie d’intensité modérée, complétées par du renforcement musculaire 2 jours par semaine. En maintien pondéral après perte, des volumes supérieurs peuvent être nécessaires.
• Alimentation : structurez vos repas autour de légumes, protéines maigres, légumineuses et féculents complets ; limitez les sucres ajoutés et les boissons sucrées.
• Suivi : pesez-vous de façon régulière, notez l’activité et ajustez les portions en fonction de l’évolution réelle.
Soins de la peau et posture : de petits gains souvent sous-estimés
Quand le relâchement cutané domine, la fermeté de la peau devient un facteur aussi important que la graisse. Une routine simple, protection solaire quotidienne, hydratation, rétinoïdes topiques si tolérés, peut améliorer la texture et la tenue cutanée autour du cou. Le travail postural (réglage de l’écran à hauteur des yeux, pauses d’étirement, oreiller de hauteur adaptée) réduit l’effet d’ombre et de plis sous le menton, avec un gain visuel immédiat lors des visioconférences ou photos de profil.
Solutions médicales : indications, bénéfices et limites
Lorsque la gêne est importante ou que la graisse sous-mentonnière persiste malgré les mesures hygiéno-diététiques, des actes médicaux existent. Ils doivent être envisagés après évaluation par un professionnel qualifié, notamment pour écarter d’autres causes de convexité (ganglions, goitre, anomalies dento-maxillaires).
Injections d’acide désoxycholique
Des injections d’acide désoxycholique (nom de marque le plus répandu : Belkyra/ATX‑101) sont autorisées dans l’Union européenne pour réduire une graisse sous-mentonnière modérée à sévère lorsque l’impact psychologique est important. Elles détruisent de manière ciblée les adipocytes. Plusieurs séances espacées sont souvent nécessaires, avec œdèmes et ecchymoses transitoires fréquents. Disponibilité et conditions pratiques pouvant varier selon les pays : en France, un spécialiste pourra préciser le cadre exact, les contre-indications et le coût.
Liposuccion sous-mentonnière
La liposuccion reste la référence chirurgicale pour retirer de façon directe un excès de graisse localisée au cou. Elle offre un résultat généralement plus prévisible que les techniques non invasives, mais comporte les risques d’un acte opératoire : hématome, irrégularités, convalescence. Le choix du praticien, l’information préopératoire et le suivi sont déterminants pour limiter les complications.
Cryolipolyse : efficacité possible, vigilance accrue
La cryolipolyse refroidit la zone pour induire une perte de graisse. Si des résultats peuvent être observés, des effets indésirables non négligeables sont documentés, dont l’hyperplasie adipeuse paradoxale, un épaississement inattendu de la graisse traitée. Au niveau européen, les dispositifs de réduction de graisse (dont la cryolipolyse) relèvent d’un encadrement réglementaire spécifique et les autorités françaises ont rappelé la nécessité de déclarer tout effet indésirable. Selon l’intensité et le type d’appareil, certains usages relèvent strictement du champ médical.
Comment choisir sa solution en pratique
1) Évaluez la composante graisseuse : si votre IMC et votre tour de taille sont élevés, commencez par la perte pondérale globale. Ce levier améliore aussi la santé cardio‑métabolique.
2) Analysez la composante cutanée : si la peau est très relâchée, les exercices n’y changeront presque rien ; des solutions de médecine ou chirurgie esthétique (radiofréquence, chirurgies de rajeunissement cervical) peuvent être discutées avec un spécialiste.
3) Privilégiez la sécurité : exigez une consultation médicale préalable, la traçabilité des produits et des dispositifs, l’information sur les risques et la gestion d’éventuels effets indésirables.
4) Attendez des résultats progressifs : la majorité des options suppose plusieurs semaines ou mois avant un rendu stable, surtout pour les injections et les techniques non invasives.
Promesse du titre : solutions possibles et limites des exercices ciblés
Pour « perdre un double menton », la voie la plus fiable reste une réduction globale de la masse grasse soutenue par l’activité physique et l’alimentation, éventuellement complétée par des actes médicaux validés lorsque l’indication est posée. Les exercices ciblés peuvent soutenir la posture et le tonus, mais leurs limites sont claires : ils ne suffisent pas à déloger la graisse. En France, vérifiez le cadre légal et le profil de risque de toute technique avant de vous engager. Commencez dès cette semaine par un plan de repas simple, trois séances d’activité modérée, la routine posturale de 5 minutes et, si la gêne persiste après quelques mois, prenez rendez‑vous pour un avis spécialisé et comparatif.
Sources
Organisation mondiale de la Santé (OMS) : Healthy diet : https://www.who.int/news-room/fact-sheets/detail/healthy-diet
Organisation mondiale de la Santé (OMS) : WHO guidelines on physical activity and sedentary behaviour : https://www.who.int/publications-detail-redirect/9789240015128
Organisation mondiale de la Santé (OMS) : Obesity. Health topic : https://www.who.int/health-topics/obesity
International Agency for Research on Cancer (OMS) : Physical activity and weight loss, evidence summary : https://publications.iarc.who.int/uploads/media/publication_inline/0001/02/80a3bb2b3e868502ca4bf2f38c4583cb4411ae31.pdf
Santé publique France : Recommendations on diet, physical activity, and sedentary behavior for adults : https://www.santepubliquefrance.fr/en/nutrition-et-activite-physique/reportsummary/recommendations-diet-physical-activity-and-sedentary-behavior-adults
Ministère de la Santé : Lyse adipocytaire, encadrement et signalement : https://sante.gouv.fr/soins-et-maladies/qualite-securite-et-pertinence-des-soins/securite-des-prises-en-charge/reglementation-de-securite-sanitaire-dans-les-etablissements-de-sante/securite-des-pratiques-esthetiques/article/lyse-adipocytaire
Cour de cassation. Légifrance : Arrêt du 31 janvier 2023 (22-83.399) relatif à la cryolipolyse : https://www.legifrance.gouv.fr/juri/id/JURITEXT000047096593
European Medicines Agency : Deoxycholic acid. CMDh scientific conclusions (Belkyra) : https://www.ema.europa.eu/en/documents/psusa/deoxycholic-acid-cmdh-scientific-conclusions-and-grounds-variation-amendments-product-information-and-timetable-implementation-psusa-00010525-201804_en.pdf
Agencia Española de Medicamentos y Productos Sanitarios (AEMPS) : Belkyra 10 mg/ml. Ficha técnica : https://cima.aemps.es/cima/dochtml/ft/81627/FichaTecnica_81627.html
NHS (Royaume-Uni) : Liposuction, cosmetic surgery overview : https://www.nhs.uk/tests-and-treatments/cosmetic-procedures/cosmetic-surgery/liposuction/
NCBI Bookshelf. StatPearls : Paradoxical Adipose Hyperplasia after Cryolipolysis : https://www.ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK606530/
European Union. EUR-Lex : Règlement d’exécution (UE) 2022/2347, dispositifs de réduction des tissus adipeux : https://eur-lex.europa.eu/legal-content/FR/ALL/?uri=CELEX%3A32022R2347
PubMed Central : Incidence of Paradoxical Adipose Hyperplasia After Cryolipolysis. Systematic Review and Meta-Analysis : https://pmc.ncbi.nlm.nih.gov/articles/PMC12662051/